Début Mars, Batiste nous a offert de l’accompagner au temple de Jindaiji où se tenait une petite foire aux Daruma.
J’avais déjà vu ces petites statuettes à de nombreuses reprises, mais je ne m’étais jamais demandé à quoi elles servaient étant donné que j’étais persuadée qu’elles étaient uniquement décoratives.

Nous avons donc pris la route du temple Jindaiji qui est assez difficile d’accès car il n’y a pas de station de train proche. Nous avons donc dû marcher un bon moment avant d’y arriver, mais nous avons pu découvrir de jolies choses en chemin !

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Daruma-ichi

 « Le Daruma-ici est un évènement qui remonte au milieu de l’époque Edo (1603-1868), et tire son origine de la célébration de l’héritage de Jie Daishi, un des prêtres fondateurs du temple Enryakuji sur le Mont Hiei, berceau du bouddhisme Tendai. 

Cette foire qui se tient au temple Jindaiji, un des temples les plus historiques du Kanto, est l’une des trois grandes foires aux daruma du Japon. On y trouve environ 300 étals vendant des daruma ou d’autres objets festifs, recouvrant ainsi l’enceinte et les abords du temple d’un vermillon (couleur des daruma) quasi-omniprésent. Des prières sont dites toutes les heures entre 10 et 16 heures afin d’éloigner le mauvais sort, protéger les gens et réaliser leurs souhaits (prévision). À 14 heures, un défilé est organisé et on peut assister au rituel traditionnel Hyakumi-kuyo durant lequel des offrandes, comme des petits gâteaux pour le thé, sont faites aux trois grands moines fondateurs de ce courant bouddhiste. Les visiteurs peuvent également apporter leur daruma au lieu d’ « ouverture des yeux » afin que les moines inscrivent une lettre en sanscrit exprimant le commencement sur l’œil d’un nouveau daruma, ou la fin, sur l’autre œil d’un ancien Daruma. » (Source)

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Qu’est-ce qu’un daruma ?

Le Daruma (ou Bodhidharma) est considéré au Japon comme une figurine sacrée au pouvoir mystique permettant de réaliser des vœux ou d’atteindre des objectifs personnel.
Elles sont généralement rouges, mais vous pouvez en trouver de différentes couleurs suivant vos souhaits :
Rouge, pour la chance et la bonne fortune
Violet, pour la santé et la longévité
Jaune, pour la sécurité et la protection
Doré, pour la richesse et la prospérité
Blanc, pour l’amour et l’harminie

Certaines figurines ont, sur les joues, des caractères peints expliquant le type de souhait de son propriétaire (gloire, richesse, santé, protection des siens), et le prénom du propriétaire peut être aussi inscrit sur le menton de la figurine.

Le Daruma n’a pas d’iris : la tradition veut qu’on utilise de l’encre noire pour dessiner la pupille circulaire du premier œil en se formulant mentalement le vœu. Jusqu’à ce que le vœu se réalise, on entrepose le daruma en hauteur dans sa maison, généralement près d’autres objets du même acabit.

Si le souhait se réalise, on dessine alors la seconde pupille, et on écrit la façon dont le vœu a été réalisé. Ceci apporte, au-delà des superstitions, l’avantage d’apporter une réflexion sur la façon d’accomplir ce qui est désiré.

Si le vœu ne se réalise pas, et que le daruma a été acheté dans un temple (il porte alors le sceau du temple), son propriétaire peut l’y renvoyer pour qu’il y soit brûlé. Notez que la plupart des temples refuseront de brûler des figurines qu’ils n’ont pas confectionnées.
Le rituel de destruction par le feu, qui a généralement lieu à la fin de l’année, indique aux kami que l’on n’a pas renoncé à son souhait mais que l’on cherchera d’autres moyens pour qu’il se réalise.

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C’était une balade très chouette et très dépaysante, car nous avons eu l’impression de nous être perdus dans un village rural bien loin de la folie Tokyoïte.
Bien que le festival ne soit pas immense, il nous a permis (trajet inclu), d’occuper toute notre après-midi et de découvrir le SENS des Daruma 😀